dimanche 13 octobre 2013

Mon tout dernier livre (j'en ai fait 3 autres) : L'Evangile selon San-Giò







                      L’Évangile Selon San-Gio







                                      Au 

                             commencement 



                              était le début ;

                                                                        

                                   plus tard 

                                 sera alors la 


                                        fin…






L'Annonciation


       En ce temps-là, Marie était une jeune vierge comme tout le monde et elle était alors fiancée à un jeune charpentier du nom de Joseph, et jusqu’ici pour eux c’était encore l’anonymat le plus total. Il connaissait déjà Marie depuis un certain temps, mais comme ils n’étaient pas mariés et qu’il la respectait, il ne l’avait donc forcément pas encore connue ; en fait au départ c’est dire s’il la connaissait plutôt peu. Un jour pourtant, ne l’ayant jamais approchée, il fut contraint de constater que sa promise était enceinte, ce qui pour une Vierge était alors la pire des choses…
 

   Voulant donc en savoir un peu plus, Joseph lui demanda quelques explications, mais les mains jointes et le regard perdu en plein ciel, elle persistait à en faire tout un Mystère… Puis la jeune femme rougissante lui confia enfin que l’Esprit Saint était descendu la visiter pendant son sommeil et l’avait ensuite couverte de son ombre ; c’était d’ailleurs bien la première fois qu’une vierge allait se retrouver enceinte d’une manière si peu naturelle, c’est-à-dire grâce à la subtile intervention d’un Esprit Saint dans un jeune corps sain…
   Quant à Joseph, se sentant impuissant et les bras en croix, il demeurait plutôt sceptique, se retenant de traiter sa promise de Marie couche-toi là ; pour lui c’était sûr, sa belle avait fauté et voilà tout.
   Alors, ne voulant pas faire d’histoires, il décida de la répudier discrètement, mais l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, pourquoi veux-tu répudier Marie ? » Et en songe Joseph s’entendit lui répondre : « Seigneur ! Marie était ma promise, et voilà qu’elle est maintenant enceinte de Dieu sait qui ?… » Et Dieu, toujours en songe lui répondit alors : « Tu ne crois pas si bien dire… Mais de Notre union divinement illégitime naîtra un fils, et on l’appellera du nom de Jésus, ce qui signifie Sauveur, car c’est lui que j’ai choisi pour sauver le monde et ça ne sera d’ailleurs pas une mince affaire ; il sera appelé fils du Très Haut, quant à toi, tu seras un peu son père adoptif et tu veilleras sur lui. Par la suite tu lui enseigneras un métier honorable dans ta branche, ce qui est toujours amusant quand on est charpentier…, mais ça ne sera que pour un temps, car le moment venu et habité par un feu sacré, c’est dans un tout autre domaine qu’il se mettra naturellement à brûler les planches. »
 

   Pendant ce temps, grâce à Dieu, la vie continuait et la Palestine était toujours occupée par les soldats romains, au grand détriment de la population juive plutôt oisive qui n’aimait pas trop qu’on l’occupe et qui d’ailleurs attendait de pied ferme un Messie, ce qui finissait également par beaucoup l’occuper.
 

   Dieu ayant longtemps à l’avance parlé par la bouche de ses saints prophètes avait jadis promis de susciter à Son peuple un Sauveur et voici que le temps était maintenant accompli. Pour bien situer l’histoire, il faut savoir que tout ceci se passait au temps du roi Hérode, qui à cette époque n’était évidemment pas encore connu pour être aussi vieux que lui-même… Pour en revenir à Jésus, il faut dire que ça commençait plutôt mal pour lui, car à peine venait-il de naître que le sus nommé Hérode voulait déjà sa peau. Joseph en fut divinement averti en songe car à cette époque Dieu communiquait aussi de cette manière, et de plus il n’y avait pas encore le téléphone. Il partit donc de nuit avec la mère et l’enfant se réfugier en Égypte et tous trois furent alors un long moment aux abonnés absents. Puis au bout de deux années, également averti en songe de la mort du tyran, ils s’en retournèrent dans le pays d’Israël et virent alors s’établir en Galilée, dans la bonne ville de Nazareth dans laquelle, comme le dira plus tard lui-même Jésus mais en d’autres termes, nul n’a d’ailleurs jamais été foutu d’y être prophète…


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