Les débuts de Jésus
Jésus volait maintenant de ses propres ailes car c’était toujours le fils de Dieu, et se souvint alors de son cousin Jean le Baptiste qu’il avait un peu perdu de vue et avec qui il ne s’entendait pas trop mal. Jésus l’appréciait particulièrement car il était de nature assez tranquille, d’où l’expression populaire restée connue jusqu’à ce jour : « tranquille comme Baptiste. »
Il était friand de sauterelles grillées et passait tout son temps dans le désert à les attraper. Il aimait également le miel sauvage du désert de Judée car il était de première qualité et avait la fâcheuse manie de vouloir baptiser tout le monde, c’était plus fort que lui. Jésus n’y coupa pas, et il fut alors baptisé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et il ressortit du Jourdain nickel de la tête aux pieds. Puis, éclatante de blancheur, une colombe se posa sur lui tout en disant que Jésus était son Fils et qu’il fallait toujours l’écouter et que Jean le Baptiste n’était même pas digne de défaire les lacets de ses sandales, qui, soit dit en passant, n’en comportaient pas.
Les pharisiens aussi venaient se faire baptiser, car à cette époque c’était assez nouveau, tendance même, et ils venaient surtout voir quel effet ça faisait. Jean le Baptiste leur disait alors : « Engeance de vipères, qui vous a suggéré d’échapper à la colère de Dieu ? » Mais ils ne comprenaient pas la question et un bon bain par cette chaleur ça ne pouvait pas leur faire de mal. « Produisez donc des fruits dignes du repentir », ajoutait Jean le Baptiste à leur intention. À cela les pharisiens lui répliquaient : « Mais nous aussi nous sommes des fils d’Abraham ! » ; le baptiste leur rétorquait alors : « De ces pierres que voici, Dieu peut aussi susciter une postérité à Abraham. » Et les pharisiens, faisant toujours du Mauvais esprit répondaient invariablement : « Qu’il le fasse donc s’il est si Malin que ça… ! »
Mais les pharisiens ce jour-là n’adressèrent pas la parole à Jésus parce qu’entre eux le courant ne passait déjà pas très bien sans compter qu’ils n’avaient pas les mêmes opinions politiques.
La colombe entraîna Jésus dans le désert où il fut tenté par le Satan qui est très fort pour ça, c’est pour lui comme une seconde nature et normalement il est imbattable à ce jeu-là, mais cette fois-ci il tomba sur un bec et Dieu vit que c’était bon. Il faut dire qu’il le tenta cruellement durant 40 jours et parfois même aussi dans la nuit, lui montrant entre autres les meilleures recettes de poissons, car il savait que c’était son péché mignon. Il lui montra aussi tous les royaumes de la Terre, tous les meilleurs restaurants du coin, toutes les richesses du monde, tous les champs de pavots de Birmanie, tous les tripots clandestins de Macao, toutes les maisons closes de Rotterdam et lui promit de les lui offrir s’il se prosternait devant lui. Mais Jésus comprit qu’il n’aurait jamais le temps d’en profiter pleinement et en même temps il ne voulait pas s’attirer les foudres de son Père qui est dans les cieux et il refusa poliment. Il dit alors au Satan : « Si tu es capable de m’offrir toutes ces choses, c’est bien la preuve qu’elles t’appartiennent, mais je fais toujours la volonté de mon Père et mon Père a dit NON. »
Le Satan, vexé, ne se démonta pas et le chambra alors un peu en ces termes : « Mon Père par-ci…, mon Père par-là… Oh Jésus ! t’as passé les trente ans maintenant, t’es plus un gamin ; faudra bien qu’un jour tu te débrouilles tout seul… Allez, oublie ton Père cinq minutes ; fume juste un pétard avec moi et je te tiendrai pour quitte.»
Mais Jésus prétexta qu’il était asthmatique et que de plus le haschich jaunissait les dents, et de ce fait se montra plus malin que lui. Et le Satan, vaincu, se retira, guettant dès lors un moment favorable.
Après ces 40 jours passés dans le désert sans boire et sans manger, Jésus eut faim, et comme il avait vaincu le Satan et fait la volonté de son Père, Dieu lui fit alors livrer un bon repas gratuit par l’intermédiaire d’anges affectés à cet emploi, car Son divin resto avait toujours la frite.
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