mercredi 16 octobre 2013

L'Evangile selon San-Gio ( chapitre 4 )

                       Le choix des douze…

        Le lendemain, Jésus arriva aux abords d’un village de pêcheurs qu’il traversa en parfait inconnu, et presque arrivé à sa sortie, il tomba nez à nez avec une bande de joyeux drilles qui essayaient de former une équipe de foot, tellement ils étaient désœuvrés, mais il n’y avait pas d’arbitre. Il faut dire que dans ce village planté quelque part aux abords de la mer, personne ne savait que c’était Jésus, parce qu’en ce temps-là, il n’était pas encore connu connu... Et Pierre le voyant s’approcher l’accosta et lui demanda en ces termes : « Es-tu le nouvel arbitre qui doit venir ? » Mais Jésus ne répondit pas et passa outre. Cependant il consentit à faire quelques passes avec eux pour aider à sa digestion, et pris par le feu de l’action il fit alors toute une série de tirs au but et il en marqua tant que les disciples crurent en lui.
   Pierre, qui était clairvoyant et qui avait été averti en songe tomba soudain à genoux, et exalté dit alors à Jésus : « Tu es le Maradonna de Dieu ! Celui qui doit venir, car jamais homme n’a été capable d’un tel prodige dans tout Israël. » Et Jésus lui enjoignit de ne le répéter à personne. Puis les ayant tous regardés avec attention il leur dit alors : « Je vois que certains d’entre vous sont pêcheurs de profession et c’est un beau métier ; moi aussi j’ai toujours aimé les poissons, mais hélas je suis capricorne, ça vous la coupe, hein ? Encore une chance qu’en haut lieu on n’ait pas pensé à m’appeler Noël, tu parles d’un cadeau… »
   Et les disciples étaient surpris de son autorité… Puis Jésus ajouta : « Ça vous dirait qu’on fasse une partie de pêche miraculeuse tous ensemble pour passer cinq minutes ? »
« Maître, répondit Pierre, c’est inutile, et il nous faudrait d’ailleurs beaucoup plus de cinq minutes pour remplir nos filets. Nous avons déjà passé toute la nuit à pêcher, et on n’peut pas dire que ça ait marché du feu de Dieu… Pour être francs, on peut même dire qu’on n’a rien pris du tout, sauf le frais, ce qui est déjà une très bonne chose, mais ça ne nourrit pas son homme ; alors on s’était dit qu’il valait mieux rentrer et taper un foot, on t’a vu arriver et on croyait que t’étais le nouvel arbitre. » Jésus lui dit alors : « En cela, Pierre, tu as bien parlé, car je suis le nouvel Arbitre du monde. Grimpez voir dans vos barques, vous allez voir c’ que vous allez voir… »

   Et ils partirent alors un court moment en mer et ils ramenèrent une telle quantité de poissons qu’ils ne surent qu’en foutre. Certains disciples disaient : « On va pas bouffer tout ça, quand même ? » D’autres encore ajoutaient : « Jésus t’es trop fort ! Mais qu’est qu’on va en faire de tout c’ poisson ? Il va pourrir… » Jésus les contempla en silence et dit alors en lui-même : « Mais quelle bande d’abrutis… Jusqu’à quand devrais-je les supporter ? Le pire, je viens à peine de les connaître… » Puis il se ravisa, leur sourit et leur dit : « Distribuez-les aux pauvres, mais viendront des temps où les gens normaux posséderont tous des congélateurs. »
   Loin de jeter un froid, cette parole prophétique demeura cependant obscure aux disciples, et ils n’osaient interroger Jésus à ce sujet. Il faut dire qu’à cette époque niveau progrès c’était assez limite, mais comme on ne savait pas ce que c’était, on ne pensait pas qu’on en avait besoin... Certains pauvres qui n’avaient pas mangé depuis des jours et que leurs maigres jambes ne portaient quasiment plus accoururent alors du mieux qu’ils le purent, affaiblis par la faim, et se ruèrent en masse sur le poisson comme la vérole se rue sur le bas clergé, et ce fut une orgie terrible. Les plus affamés avalaient même le poisson cru avec la tête et les arêtes sans le vider, et Jésus les rappela à l’ordre en ces termes : « Que vous mangiez le poisson cru c’est votre problème, mais rendez grâces à Dieu, bande d’incultes !»
   Et le peuple était dans l’étonnement, beaucoup crurent en lui et sa cote grimpa énormément. Les pauvres ne le lâchaient plus d’une semelle et il ne savait trop comment s’en dépêtrer.


http://www.amazon.fr/LEvangile-selon-San-Gio-commencement-%C3%A9tait-ebook/dp/B00KZ41KUA




publié sous licence : (CC BY-NC-ND 3.0Vous êtes libre de : partager — reproduire, distribuer et communiquer l’œuvre 

mardi 15 octobre 2013

L'Evangile selon San-Gio ( chapitre 3 )

                     Les débuts de Jésus

       Jésus volait maintenant de ses propres ailes car c’était toujours le fils de Dieu, et se souvint alors de son cousin Jean le Baptiste qu’il avait un peu perdu de vue et avec qui il ne s’entendait pas trop mal. Jésus l’appréciait particulièrement car il était de nature assez tranquille, d’où l’expression populaire restée connue jusqu’à ce jour  : « tranquille comme Baptiste. »
   Il était friand de sauterelles grillées et passait tout son temps dans le désert à les attraper. Il aimait également le miel sauvage du désert de Judée car il était de première qualité et avait la fâcheuse manie de vouloir baptiser tout le monde, c’était plus fort que lui. Jésus n’y coupa pas, et il fut alors baptisé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et il ressortit du Jourdain nickel de la tête aux pieds. Puis, éclatante de blancheur, une colombe se posa sur lui tout en disant que Jésus était son Fils et qu’il fallait toujours l’écouter et que Jean le Baptiste n’était même pas digne de défaire les lacets de ses sandales, qui, soit dit en passant, n’en comportaient pas.

   Les pharisiens aussi venaient se faire baptiser, car à cette époque c’était assez nouveau, tendance même, et ils venaient surtout voir quel effet ça faisait. Jean le Baptiste leur disait alors : « Engeance de vipères, qui vous a suggéré d’échapper à la colère de Dieu ? » Mais ils ne comprenaient pas la question et un bon bain par cette chaleur ça ne pouvait pas leur faire de mal. « Produisez donc des fruits dignes du repentir », ajoutait Jean le Baptiste à leur intention. À cela les pharisiens lui répliquaient : « Mais nous aussi nous sommes des fils d’Abraham ! » ; le baptiste leur rétorquait alors : « De ces pierres que voici, Dieu peut aussi susciter une postérité à Abraham. » Et les pharisiens, faisant toujours du Mauvais esprit répondaient invariablement : « Qu’il le fasse donc s’il est si Malin que ça… ! »
   Mais les pharisiens ce jour-là n’adressèrent pas la parole à Jésus parce qu’entre eux le courant ne passait déjà pas très bien sans compter qu’ils n’avaient pas les mêmes opinions politiques.

   La colombe entraîna Jésus dans le désert où il fut tenté par le Satan qui est très fort pour ça, c’est pour lui comme une seconde nature et normalement il est imbattable à ce jeu-là, mais cette fois-ci il tomba sur un bec et Dieu vit que c’était bon. Il faut dire qu’il le tenta cruellement durant 40 jours et parfois même aussi dans la nuit, lui montrant entre autres les meilleures recettes de poissons, car il savait que c’était son péché mignon. Il lui montra aussi tous les royaumes de la Terre, tous les meilleurs restaurants du coin, toutes les richesses du monde, tous les champs de pavots de Birmanie, tous les tripots clandestins de Macao, toutes les maisons closes de Rotterdam et lui promit de les lui offrir s’il se prosternait devant lui. Mais Jésus comprit qu’il n’aurait jamais le temps d’en profiter pleinement et en même temps il ne voulait pas s’attirer les foudres de son Père qui est dans les cieux et il refusa poliment. Il dit alors au Satan : « Si tu es capable de m’offrir toutes ces choses, c’est bien la preuve qu’elles t’appartiennent, mais je fais toujours la volonté de mon Père et mon Père a dit NON. »
   Le Satan, vexé, ne se démonta pas et le chambra alors un peu en ces termes : « Mon Père par-ci…, mon Père par-là… Oh Jésus ! t’as passé les trente ans maintenant, t’es plus un gamin ; faudra bien qu’un jour tu te débrouilles tout seul… Allez, oublie ton Père cinq minutes ; fume juste un pétard avec moi et je te tiendrai pour quitte.»
   Mais Jésus prétexta qu’il était asthmatique et que de plus le haschich jaunissait les dents, et de ce fait se montra plus malin que lui. Et le Satan, vaincu, se retira, guettant dès lors un moment favorable.
   Après ces 40 jours passés dans le désert sans boire et sans manger, Jésus eut faim, et comme il avait vaincu le Satan et fait la volonté de son Père, Dieu lui fit alors livrer un bon repas gratuit par l’intermédiaire d’anges affectés à cet emploi, car Son divin resto avait toujours la frite.  


publié sous licence : (CC BY-NC-ND 3.0Vous êtes libre de : partager — reproduire, distribuer et communiquer l’œuvre 
                   

            

dimanche 13 octobre 2013

L'Evangile selon San-Gio ( chapitre 2 )

                   La vie cachée de Jésus

       À l’âge de douze ans et pour la fête de la Pâque Jésus fut appelé par les choses de son Père car c’était le fils de Dieu. Il se tint alors trois jours durant dans le temple de Jérusalem parmi les Docteurs de la Loi avec lesquels il se plongea longuement dans la Torah pour y scruter les Écritures, ce qui, si on réfléchit ne fait finalement de mal à personne quand on est Juif. Il s’était souvent senti pousser des ailes et même appelé à un grand destin car il n’était pas sans savoir que ses compatriotes attendaient un Messie et il comprit alors que c’était lui l'Élu et il fut divinement aux anges.


publié sous licence : (CC BY-NC-ND 3.0Vous êtes libre de : partager — reproduire, distribuer et communiquer l’œuvre 

Mon tout dernier livre (j'en ai fait 3 autres) : L'Evangile selon San-Giò







                      L’Évangile Selon San-Gio







                                      Au 

                             commencement 



                              était le début ;

                                                                        

                                   plus tard 

                                 sera alors la 


                                        fin…






L'Annonciation


       En ce temps-là, Marie était une jeune vierge comme tout le monde et elle était alors fiancée à un jeune charpentier du nom de Joseph, et jusqu’ici pour eux c’était encore l’anonymat le plus total. Il connaissait déjà Marie depuis un certain temps, mais comme ils n’étaient pas mariés et qu’il la respectait, il ne l’avait donc forcément pas encore connue ; en fait au départ c’est dire s’il la connaissait plutôt peu. Un jour pourtant, ne l’ayant jamais approchée, il fut contraint de constater que sa promise était enceinte, ce qui pour une Vierge était alors la pire des choses…
 

   Voulant donc en savoir un peu plus, Joseph lui demanda quelques explications, mais les mains jointes et le regard perdu en plein ciel, elle persistait à en faire tout un Mystère… Puis la jeune femme rougissante lui confia enfin que l’Esprit Saint était descendu la visiter pendant son sommeil et l’avait ensuite couverte de son ombre ; c’était d’ailleurs bien la première fois qu’une vierge allait se retrouver enceinte d’une manière si peu naturelle, c’est-à-dire grâce à la subtile intervention d’un Esprit Saint dans un jeune corps sain…
   Quant à Joseph, se sentant impuissant et les bras en croix, il demeurait plutôt sceptique, se retenant de traiter sa promise de Marie couche-toi là ; pour lui c’était sûr, sa belle avait fauté et voilà tout.
   Alors, ne voulant pas faire d’histoires, il décida de la répudier discrètement, mais l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, pourquoi veux-tu répudier Marie ? » Et en songe Joseph s’entendit lui répondre : « Seigneur ! Marie était ma promise, et voilà qu’elle est maintenant enceinte de Dieu sait qui ?… » Et Dieu, toujours en songe lui répondit alors : « Tu ne crois pas si bien dire… Mais de Notre union divinement illégitime naîtra un fils, et on l’appellera du nom de Jésus, ce qui signifie Sauveur, car c’est lui que j’ai choisi pour sauver le monde et ça ne sera d’ailleurs pas une mince affaire ; il sera appelé fils du Très Haut, quant à toi, tu seras un peu son père adoptif et tu veilleras sur lui. Par la suite tu lui enseigneras un métier honorable dans ta branche, ce qui est toujours amusant quand on est charpentier…, mais ça ne sera que pour un temps, car le moment venu et habité par un feu sacré, c’est dans un tout autre domaine qu’il se mettra naturellement à brûler les planches. »
 

   Pendant ce temps, grâce à Dieu, la vie continuait et la Palestine était toujours occupée par les soldats romains, au grand détriment de la population juive plutôt oisive qui n’aimait pas trop qu’on l’occupe et qui d’ailleurs attendait de pied ferme un Messie, ce qui finissait également par beaucoup l’occuper.
 

   Dieu ayant longtemps à l’avance parlé par la bouche de ses saints prophètes avait jadis promis de susciter à Son peuple un Sauveur et voici que le temps était maintenant accompli. Pour bien situer l’histoire, il faut savoir que tout ceci se passait au temps du roi Hérode, qui à cette époque n’était évidemment pas encore connu pour être aussi vieux que lui-même… Pour en revenir à Jésus, il faut dire que ça commençait plutôt mal pour lui, car à peine venait-il de naître que le sus nommé Hérode voulait déjà sa peau. Joseph en fut divinement averti en songe car à cette époque Dieu communiquait aussi de cette manière, et de plus il n’y avait pas encore le téléphone. Il partit donc de nuit avec la mère et l’enfant se réfugier en Égypte et tous trois furent alors un long moment aux abonnés absents. Puis au bout de deux années, également averti en songe de la mort du tyran, ils s’en retournèrent dans le pays d’Israël et virent alors s’établir en Galilée, dans la bonne ville de Nazareth dans laquelle, comme le dira plus tard lui-même Jésus mais en d’autres termes, nul n’a d’ailleurs jamais été foutu d’y être prophète…


publié sous licence : (CC BY-NC-ND 3.0Vous êtes libre de : partager — reproduire, distribuer et communiquer l’œuvre